1. Les outils no-code ne sont-ils pas censés remplacer Excel ?
Depuis plus de quinze ans, de nombreuses solutions se présentent comme des « Excel killers ». Pourtant, Microsoft Excel reste omniprésent dans les organisations.
Pourquoi ?
Parce qu’Excel n’est pas seulement un tableur. Il sert d’espace d’exploration, de formalisation progressive et de réflexion collective. Les outils no-code imposent une structure dès l’origine, alors que, dans la réalité, les processus métiers sont rarement stabilisés au moment où l’on tente de les outiller.
2. Quel est le principal malentendu concernant les outils no-code ?
Le malentendu tient à la confusion entre processus prescrit et travail réel.
Les outils no-code sont conçus pour formaliser un processus déjà défini. Or, dans de nombreux contextes métiers, le processus est en réalité :
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évolutif
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partiellement implicite
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ajusté en permanence
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dépendant de situations particulières
Structurer trop tôt revient à figer une compréhension incomplète du travail.
3. Pourquoi structurer trop tôt pose-t-il problème ?
Parce qu’un processus métier complexe n’est généralement pas découvert d’un seul coup. Il émerge progressivement à travers l’usage.
Les recherches en interaction homme-machine (HCI) et en travail coopératif (CSCW) montrent depuis longtemps qu’une structuration prématurée peut :
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empêcher l’apprentissage collectif
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masquer les exceptions
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rigidifier des pratiques encore instables
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conduire à l’abandon de l’outil
Autrement dit, vouloir formaliser avant d’avoir exploré revient à condamner le projet à court ou moyen terme.
4. En quoi Excel joue-t-il un rôle particulier ?
Excel fonctionne souvent comme un « whiteboard opérationnel » :
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on teste des hypothèses
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on ajuste des règles
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on crée des colonnes temporaires
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on contourne les limites
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on modifie le modèle en continu
Cette plasticité permet aux équipes de penser avant de figer. Aucun design d’interface plus « propre » ou plus moderne ne remplace cette capacité d’exploration. Progressivement, les classeurs Excel vont se stabiliser dans leur structure. C’est seulement à ce moment que la question de l’implémentation va devenir pertinente.
5. Les outils no-code sont-ils inefficaces pour autant ?
Non. Les outils no-code sont très performants dans les cas suivants :
- Implémenter un processus collaboratif linéaire (liste des tâches, suivi de projet, enrichissement de données tabulaires…)
- Implémenter un processus lorsque l’outil présente un bénéfice ergonomique majeur par rapport aux classeurs Excel stabilisés après la phase d’exploration.
Mais en réalité, le problème n’est pas technologique. Il est temporel et organisationnel.
Une fois que les experts métiers ont stabilisé les classeurs Excel qui matérialisent leurs processus, il est légitime de vouloir apporter ce qu’Excel ne peut fournir : structuration des données et synchronisation au système d’information. Mais si cela doit se faire au prix :
- D’une nouvelle phase de spécification, d’autant plus coûteuse que le process est complexe
- D’une nouvelle interface générant de la gestion du changement
Est-ce financièrement pertinent ?
6. Pourquoi les tentatives de remplacement d’Excel se répètent-elles ?
Chaque vague technologique promet de « mettre fin au chaos des tableurs ». Pourtant, les mêmes difficultés réapparaissent.
La raison est structurelle : Excel prospère précisément là où le travail est encore en cours de formalisation.
Tant que les organisations auront besoin d’un espace de négociation, d’expérimentation et d’ajustement, les outils trop normatifs rencontreront des résistances.
7. Quelle est l’alternative ?
L’enjeu n’est pas de supprimer Excel ni d’imposer un outil no-code.
L’enjeu est de :
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Reconnaître la phase d’exploration
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Accompagner la maturation du processus
- Valoriser l’expertise métier produite
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Introduire la structuration au bon moment, sans générer de résistance au changement
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Mettre en place une gouvernance adaptée
Une gouvernance progressive garantit la pérennité d’un projet, là où une structuration précoce l’entrave. La valorisation de l’expertise métier permet une bien meilleur appréhension fonctionnelle.
Par rapport à un outil no-code, Gathering Tools limite les coûts en reproduisant l’apparence et les fonctionnalités des documents créés et stabilisés par les experts métiers, tout en apportant la qualité de données, l’automatisation et une structuration intégrée à votre propre système d’information.
8. Que faut-il retenir ?
Les outils no-code n’échouent pas parce qu’ils sont mal conçus.
Ils échouent lorsqu’ils sont déployés comme solution à un problème qui n’a pas encore été suffisamment compris.
Un processus complexe ne se modélise pas :
il s’explore, se discute, se stabilise — puis se formalise. Souvent, la formalisation va venir d’elle-même, dans Excel. La question est de savoir comment transposer cette expertise dans une solution IT-proof. C’est précisément ce que nous proposons.